jeudi 28 avril 2011

Une vraie révolution est une justice indépendante!


Personne ne peut nier le retour en force des RCDistes qui ont retrouvé, depuis des semaines, leurs places sur le plan économique, social et politique surtout. Ce retour a semé le désespoir chez une majorité silencieuse et a provoqué la révolte chez quelques uns.
Après plusieurs réflexions, je constate en deux mots que la solution est : l’indépendance de la justice. Vous allez me dire quels rapports ?
Et bien la réponse est simple mais elle est aussi longue, car elle est, visiblement, convaincante et solide. J’en ferais un résumé dans les paragraphes qui suivront (pour ne pas vous ennuire :p):
Les têtes du RCD, du haut responsables (ministres, chef du cabinet, secrétaire d’Etat, PDG d’une entreprise étatique ou semi étatique...) jusqu’au directeur du Cho3ba, ne pourront être éliminées et d’une façon éternelle de toute activité politique ou économique sauf après un procès juste et équitable.
La solution est une justice indépendante car elle est la seule qui peut nous protéger de cette pourriture qui nous entoure et qui continue à menacer notre liberté de penser et de s’exprimer.  Elle est la seule qui peut ouvrir les vrais dossiers et qui peut protéger notre droit de porter plainte contre tous les dépassements y compris ceux du gouvernement provisoire ou même l’assemblée constituante, elle-même (si elle prendra le pouvoir un jour).
Une justice indépendante est la seule qui peut trouver les vrais assassins de nos martyrs. Ce n’est pas la pseudo commission d’investigation sur les évènements de la révolution qui pourrait le faire. C’est bien nos magistrats qui pourront ouvrir l’enquête sans céder à la pression du gouvernement et surtout du ministère de l’intérieur et de l’armée.
 Sans cette justice indépendante, nous pourrons jamais mettre fin aux abus inadmissibles de la police. Nous pourrons jamais mettre fin à la torture, à la corruption, et à l’injustice… nous pourrons même pas rétablir notre mémoire ou même défendre notre futur …  
Les exemples sont beaucoup plus nombreux que ceux que j’ai énuméré… mais je préfère être brève pour vous parler de  ma proposition :
Pour atteindre cet objectif nous devons rester solidaires comme on l’avait fait pendant les premiers jours de la révolution : un seul slogan, un seul but et un seul rêve : touness 7orra !!!
La première démarche, évidente, est défendre cette demande légitime : UNE JUSTICE INDEPENDANTE !!!
 la deuxième démarche, est l’activisme sur facebook. La photo qui accompagne cet article doit figurer sur tous vos profils. Le slogan : je ne serais libre qu’à travers une justice indépendante doit aussi rester dans votre statut le plus longtemps possible.

Troisième démarche, est la rue : Les manifestations ne doivent pas s’arrêter … tous les jours et partout !!!
Les scandales dans les médias, les appels sur les réseaux sociaux (virtuels et réels), aux ONG, aux partis politiques et même aux étrangers … ça doit être notre quotidien et non pas celui qu’on nous a choisi : laïcité et nahdha … nikab ou hijab, bière ou mosquée …  
J’espère que le message est bien reçu.  Personne ne doit être indifférent … nous sommes tous concernés, car il s’agit de notre Tunisie !
 Tous pour une justice indépendante !

mardi 19 avril 2011

La popularité de Rached Ghanouchi est une hallucination … collective

Comme je viens de le lire dans l’article « UGTT et menace islamiste pour faire diversion ? » et comme je le vis, effectivement, quotidiennement, Ennahdha  se veut  le parti politique le plus puissant et le plus populaire  en Tunisie.

Pour expliquer mon point de vue, je vais commencer par un petit rappel. Le cas de Ségolène Royal dans les élections présidentielles en France. En 2006, cette dame prenait de la vigueur au sein du Parti socialiste. Suite à des documents révélés par wikileaks (comme par hasard), des milliers de français ne parlaient que de cette dame et de ses fortes chances de gagner les présidentielles du 2007.
En 2007, quelques spécialistes ont qualifié la popularité de Ségolène par l’hallucination collective. Les USA, de sa part, a approuvé à travers leur ambassade en France que cette politicienne est hostile à la culture américaine et a beaucoup de préjugés quant à la politique américaine.
Election présidentielle de 2007 : le petit rusé Nicolas Sarkozy gagne et écarte Royal de la vie politique. Au point qu’on se demandait, à l'époque, où étaient les milliers de fans de Ségolène le jour des élections.
Question : est ce que la popularité de Ségolène Royal était vraiment  une hallucination collective ?
Réponse : Oui, puisque cette candidate n’a pas trouvé une majorité dans les urnes. Pourtant personne ne peut nier que c'est le seul moyen de juger la popularité d’un candidat à la présidentielle ou d'un autre ...
Revenant à nos moutons : je pense que la popularité de Ghanouchi et de son parti Ennahdha est une hallucination collective.
Et je m’explique : A chaque fois que j’entends parler de ce mec, c’est pour une critique, une réserve ou pour exprimer une haine ou plutôt une peur. Alors, chers lecteurs, faites vous la différence entre parler (critiquer, attaquer, insulter …)  d’un candidat et voter pour lui?
Ghanouchi peut étouffer les Unes de tous les journaux. Il peut être l’invité de tous les plateaux télévisés. Il peut être le sujet des conversations dans tous les cafés et les bars. Il peut être le sujet incontournable sur facebook. Tout cela ne veut pas dire que Ennahda est le parti pour lequel les tunisiens voteront le 24 juillet.
Je conclue par dire qu’il faut se méfier de ce que nous montrent les médias qui gonflent la réalité, créent les polémiques et inventent les phénomènes. Donc laissons tomber cette hallucination collective et voyons la réalité en face ou plutôt le danger en face…  
  

dimanche 17 avril 2011

À la mémoire de Lucas Mebrouk Dolega


Le jour où les tunisiens ont décidé de ne plus se taire 

Le 17 janvier 2011, Lucas Mebrouk Dolega est décédé, à Tunis, trois jours après qu’il a reçu une bombe lacrymogène à la tête, rue Gandhi, par un policier tunisien. C’était le 14 janvier, Lucas et ses confrères savaient qu’un soulèvement populaire aura lieu dans notre pays.  Ils prenaient comme armes leurs appareils photos et descendent au centre ville de Tunis pour transmettre au monde entier la rage d’un peuple.

Plusieurs de mes amis ont vu lucas, le jour même, avant le tragique accident, en train de longer le centre ville du Bab Bhar jusqu’au devant le ministère de l’intérieur. Plus de 500 photos, entre manifestants, policiers, tires de bombes lacrymogènes, slogans, étouffements, sourires, rages et amour pour son métier… Lucas était à sa dernière minute collé à son boitier … voulant prendre des photos de plus ou encore ne voulant jamais se taire …

Le film des événements
du 14 janvier.
Lucas (de dos)
en première ligne.
Au centre : à 16 h 23,
il est touché près de l'œil.
En bas : les policiers témoins de
la scène ne s’attardent pas...
( Photos Bruno Stevens - Matthias Bruggmann)

Après quatre mois, nous étions quatre à la même heure,  sur les mêmes lieux, dans le même coin où Luca était tué. L’initiateur de cette timide commémoration, Hamid Bouali nous parlait de l’itinéraire du photographe défunt avant son meurtre. Et j’ai senti comme si son âme nous entourait  pour corriger un détail au récit de Hamid ou pour prendre encore une photo de l’après soulèvement de la Tunisie ou pour nous partager notre bavardage.  J’imaginais ce qu’il pourrait nous dire après quatre mois … et j’étais heureuse mais aussi affligé de me sentir concernée par ce photographe inconnu mais cher à mon cœur …  
Nous étions quatre à penser en ce moment à Lucas qui avait reçu une bombe lacrymogène à la tête. Et nous avons réussi à réaliser l’un de ses souhaits. C’est de ne plus jamais se taire … à 16.20h, nous étions quatre à bavarder, à parler et à rêver d’un jour où Lucas sera commémoré comme il se doit … comme un héros de la liberté d’expression, de parole et de rêve ….

photographie symbolique de Emir Landolsi



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