samedi 22 octobre 2011

Tunisie-Elections: d'où vient cette illusion kassrinoise?


la veille des élections de l'Assemblée Constituante en Tunisie, Kasserine semble calme. la ville qui a vécu les évènements les plus sanglons lors du 14 Janvier est complètement sous contrôle, une journée avant les élections.
Ce n'est ni les promesses des partis, ni les compagnes de sensibilisations de l'ISIE et ni la repression de la police et de l'armée (qui continue) qui font patienter ou taire la population de la ville de Kasserine.

l'histoire est étrange. tout commence devant le stade de la ville, quand nous avons vu une très longue queue et des centaines de gens en attente. un peu plus près de l'entrée, des personnes munies de papiers et de dossiers attendent leur tour. de quoi? 

La réponse est encore plus étrange que la scène. En effet, un jeune homme nous explique que "les autorités ont lancé un appel à tous les habitants de Kasserine et des villages voisins qui annonce l'imdénisation de tous ceux qui ont respiré du gaz lacrymogène lors des évènements du 14 Janvier." Tous les habitants?? "oui, tous les habitants! et cette imdémnité est fixée à 3 milles dinars par personne". Trois milles dinars?! "oui, trois milles dinars!" insiste le jeune homme.

les habitants de Kaserine ont passé les dernières semaines à faire la queue devant le stade de la ville pour avoir un certificat médical témoignant les dégats du gaz lacrymogène sur leurs systèmes respiratoirs, il y a dix mois. Pour se faire, des medecins du service public se sont installés dans le stade (puisque le nombre des demandeurs de certificats est énorme) et signent en plein temps les milliers de papiers nécessaires.

la deuxième étape, est le dépôt des plaintes au tribunal où des centaines de personnes passent tous les jours et déposent leurs dossiers en payant les frais de dépôt. et la troisième étape est la réception de l'argent promis de la part du gouverneur...

"jusqu'aujourd'hui, nous avons reçu 16 milles dossiers" nous raconte une jeune fonctionnaire au tribunal. "je me demande pourquoi l'Etat ment et promet une telle somme collosale qu'elle ne peut pas verser par la suite. je suis certaine qu'après un mois, au maximum, les gens vont bruler la ville s'ils n'auront pas leur argent. sachant que le total, donc, de l'argent demandé est estimé à 260 millions de dinars" ajoute-t-elle.

de retour au stade, pour avoir d'autres témoignages, l'armée nous interdit de tourner. "vous n'avez pas d'autorisation de tournage." nous dit un responsable de l'armée alors qu'on était dans la rue (ce qui ne demande pas d'autorisation). "allez!! dégagez!! on a assez de problèmes!!" nous ordonne-t-il avec agressivité.