Polémique ! Encore une autre
polémique autour des médias, des bonnes mœurs, de la censure et d’Allah. Hier,
mercredi 15 février 2012, le journal Attounissia, a publié sur sa Une la photo
de « Sami Khedira » joueur de foot d’origine tunisienne et sa femme
presque nue.
Les autorités ont réagi très vite
face à cette publication qu’elle considère choquante. Le proprio du journal, le
rédacteur en chef et le journaliste, auteur de l’article ont été maintenus en
garde à vue, hier, dans les services de protections des bonnes mœurs à
Bouchoucha. Le journal est aussi suspendu…
Donc,
en fait, le procureur de la République, qu’on a cru mort (ou rumeur comme les
snipeurs) est sorti de son silence hibernal et a montré son efficacité. Cela me
rappelle la dernière opération qu’il a menée en toute rapidité et qui
concernait la haute trahison de Arbi Nasra (propriétaire de Hannibal TV),
mystérieusement et très vite relâché par les autorités tunisiennes.
Ma
question est la suivante : pourquoi l’efficacité du procureur de la République
n’a jamais concerné les dossiers de la révolution. Pourquoi ce haut
fonctionnaire ou son ministère de la justice ne travaillent pas avec la même
ardeur pour arrêter les tueurs de la jeunesse tunisienne ? Le gouvernement
actuel (PROVISOIRE) considère-t-il une photo de nu plus dangereuse que la
corruption, le crime et le terrorisme ?
Hier,
j’étais avec quelques confrères, qui, sans se poser la moindre question,
étaient contents et fiers de la décision gouvernementale. « Iyah fihom !!
yestahlou ! » (bien fait pour leurs gueules) on-ilst lancé en ajoutant que la
photo publiée est contre la loi.
De
quelle loi, parlent-ils ? Je ne sais pas … et même si elle existe, elle doit
être l’une des armes tranchantes de censure bête et arrogante imposée par le
régime de Zaba ! À ma connaissance, le code de la presse est suspendu comme
toute la constitution en attendant que l’Assemblée Constituante nous écrive de
nouvelles lois à la hauteur d’une nouvelle démocratie qu’on espère réelle. Donc
en se basant sur quelle loi, le procureur de la république a-t-il ordonné
l’arrestation des journalistes d’Attounsia ?
Mais
hélas, il paraît que même les journalistes (les premiers concernés par cette
affaire) ne veulent pas de la liberté d’expression. « Non, nous voulons une
liberté d’expression responsable. Une liberté qui a des limites» disent-ils.
Une liberté d’expression qui ne touche pas au sacré, aux croyances et à la
pudeur…
Début de cette semaine, j’étais en formation en journalisme.
Lors du déjeuner, j’ai discuté avec une journaliste française et une autre
tunisienne (francophone) l’affaire de Nessma TV et le film Persépolis. Et la
position de la journaliste (qui m’a demandé en arabe de ne pas parler de cette
affaire devant une étrangère) m’a gravement déçue. « Nous sommes musulmans !
Nous ne devons pas tolérer ce genre de films dans notre pays. »
Conformisme, hypocrisie ou lâcheté ? Je n’arrête pas de me
poser cette question. Et puis, d’autres questions qui me révoltent : est-ce que
nos journalistes comprennent vraiment ce que c’est d’être journaliste ? Quel
rôle à jouer dans la société ? Quels principes défendre ? Quelles sont les
limites qu’il ne doit pas surpasser ? Y a-t-il une limite déjà ? Et si elle
existe, doit-elle être exigée par l’Etat, le gouvernement, l’opinion publique
ou la religion ?
Encore hier, et loin de cette polémique, Mohamed Abou, ministre PROVISOIRE de la réforme administrative, a participé à une conférence sur la neutralité de l’administration tunisienne. De tous les points qu’il devait discuter avec les hommes d’affaires présents, il a choisi de s’étaler sur une critique, vraiment, arrogante et bête, des médias en Tunisie. « Je suis avec la liberté de la presse mais pas celle qui donne une mauvaise image de la Tunisie. Nos journalistes ne parlent que de salafistes et de menace terroriste qui n’existe pas … heureusement que nos amis étrangers n’écoutent pas ces mensonges… » Je ne sais pas sur quelle planète gouverne Abou mais il paraît que c’est un abonné fidèle aux pages islamistes de Facebook.
Ce qui m’énerve le plus dans cette histoire est la volonté déterminée du gouvernement de discréditer la presse, de diviser le peuple tunisien et d’étouffer la liberté d’expression.
Le problème est que les simples d’esprit qui défendent aujourd’hui la protection des bonnes mœurs ne se rendent pas compte qu’ils seront la prochaine cible de la censure. Ils ne comprennent pas (ou ne veulent pas comprendre) que la religion ou les mœurs ne sont que l’excuse traditionnelle (utilisée aussi par Ben Ali) de toutes les dictatures du monde pour faire taire les peuples à jamais …
Encore hier, et loin de cette polémique, Mohamed Abou, ministre PROVISOIRE de la réforme administrative, a participé à une conférence sur la neutralité de l’administration tunisienne. De tous les points qu’il devait discuter avec les hommes d’affaires présents, il a choisi de s’étaler sur une critique, vraiment, arrogante et bête, des médias en Tunisie. « Je suis avec la liberté de la presse mais pas celle qui donne une mauvaise image de la Tunisie. Nos journalistes ne parlent que de salafistes et de menace terroriste qui n’existe pas … heureusement que nos amis étrangers n’écoutent pas ces mensonges… » Je ne sais pas sur quelle planète gouverne Abou mais il paraît que c’est un abonné fidèle aux pages islamistes de Facebook.
Ce qui m’énerve le plus dans cette histoire est la volonté déterminée du gouvernement de discréditer la presse, de diviser le peuple tunisien et d’étouffer la liberté d’expression.
Le problème est que les simples d’esprit qui défendent aujourd’hui la protection des bonnes mœurs ne se rendent pas compte qu’ils seront la prochaine cible de la censure. Ils ne comprennent pas (ou ne veulent pas comprendre) que la religion ou les mœurs ne sont que l’excuse traditionnelle (utilisée aussi par Ben Ali) de toutes les dictatures du monde pour faire taire les peuples à jamais …





